Le Club Med de Charlevoix un an plus tard : accompagnement, actions concrètes et progrès tangible

276

C’est le 10 décembre 2021 que le Teamsters Québec a été accrédité pour représenter les travailleurs et travailleuses du nouveau Club Med de Charlevoix, ouvert plus tôt dans l’année. Des négociations ont donné lieu au premier contrat de travail en mars 2022.

Tout était à faire dans ces premiers temps. Le Club Med n’avait jamais exploité de complexe en Amérique du Nord, et n’était pas familier avec le milieu du travail québécois. On avait, de plus, largement surestimé la disponibilité de la main-d’œuvre locale. Le Club s’est retrouvé à recruter un très grand nombre de travailleurs et travailleuses temporaires de l’étranger, qui auraient clairement eu besoin d’un plus grand soutien à l’accueil. « Ce n’est pas étonnant que les travailleurs et travailleuses ont choisi de se joindre à un syndicat dans les mois qui ont suivi l’ouverture, afin de se doter d’une voix commune », rappelle Sylvain Lacroix, permanent syndical au local 1999 et représentant des membres Teamsters du Club Med.

Dans les premiers mois, les représentants syndicaux ont relevé les manches pour communiquer avec les nouveaux syndiqués—en français et en espagnol— afin de comprendre leurs besoins, les aider à connaître leurs droits et les faire valoir. Il fallait également bâtir une crédibilité auprès de l’administration.

« Qu’il s’agisse de l’établissement des horaires, du mécanisme des banques de temps supplémentaires ou du respect de l’équité salariale dans le sens large, par exemple, il a fallu formuler des griefs. Ce sont les griefs qui ont ouvert la porte à faire bouger les choses, à faire changer les opérations de l’entreprise. Malgré les conflits initiaux à chaque fois, l’employeur parvient à mieux connaître les lois, leurs tenants et aboutissants, et à mettre en place les correctifs nécessaires. Éventuellement on en vient à une collaboration axée sur leur volonté de devenir un meilleur employeur », explique le confrère Lacroix.

C’est grâce à la collaboration avec l’employeur qu’on a introduit des cours de francisation pour les employé-es l’année dernière, et le Club Med a dans les cartons pour la saison ‘22-‘23 de les renouveler, en version améliorée.

« De façon très importante, nous nous sommes aussi entendus pour participer conjointement à un exercice crucial d’équité salariale sur l’ensemble du Club Med de Charlevoix, mandat qui a été confié à une firme externe. C’est sûr que nous suivrons cet exercice de près pour s’assurer que les droits de nos travailleurs et travailleuses soient respectés. L’implication d’une tierce partie nous donne bon espoir. »

Alors qu’on lui demande ce qu’il anticipe pour cette deuxième année d’opérations, le confrère Lacroix est pragmatique, et voit le défi positivement, particulièrement à l’égard de la vie syndicale au sein de l’entreprise : « Cette année, nous serons là dès le début de la saison, et avec l’arrivée d’une nouvelle cohorte de travailleurs et travailleuses de l’étranger. Nous voulons que ces individus soient intégrés le mieux possible. On a quelqu’un qui est accessible maintenant en tout temps pour échanger en espagnol; nous avons notre programme de francisation. Les gens apprennent à se reconnaître dans la vie syndicale. Et il y a des dossiers prioritaires mais à longue haleine qui connaîtront du progrès, comme les travaux sur l’équité salariale, ou encore le développement de solutions permanentes pour héberger les employé-es de l’extérieur de la région. »