Molson-Coors condamné pour l’utilisation de 33 briseurs de grève

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La juge Maude Pépin-Hallé du TAT écrit dans son jugement que « lemployeur a eu recours le 25 mars 2022 aux services des sous-traitants pour remplacer la proportion du travail normalement effectué par les salariés en grève. Or, cest justement ce qui est interdit… »

Laval, 25 mai 2022 — Une ordonnance provisoire a été publiée par le Tribunal administratif du travail (TAT), hier, donnant l’ordre à la compagnie Molson-Coors de retirer 33 briseurs de grève de ses activités quotidiennes. Cette décision du TAT donne raison à la Section locale 1999 du syndicat des Teamsters, qui représente les salarié·es de Molson-Coors.

La cause sera entendue sur le fond dès vendredi prochain, mais un jugement final pourrait ne pas être rendu avant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Au final, le brasseur et les briseurs de grève pourraient devoir payer des pénalités financières.

« Nous avons intercepté des briseurs de grève à l’usine de Saint-Hubert et au centre de distribution de la rue Dickson dès le début du conflit de travail, explique Éric Picotte, président syndical local des travailleurs et travailleuses de Molson. Nos grévistes sont très vigilants depuis le tout début du conflit de travail et continueront de l’être. »

La juge Maude Pépin-Hallé du TAT écrit dans son jugement que « l’employeur a eu recours le 25 mars 2022 aux services des sous-traitants pour remplacer la proportion du travail normalement effectué par les salariés en grève. Or, c’est justement ce qui est interdit. »

Plus loin dans le document, la magistrate conclue que « l’inconvénient subi par l’employeur de ne pas utiliser les services de ces personnes pour opérer son entreprise et remplacer les salariés en grève est moindre que celui du syndicat de voir perdurer un conflit de travail du fait de l’utilisation de briseurs de grève. Il en va de même de l’interdiction d’utiliser les services des deux sous-traitants au-delà de la durée de temps et pour des tâches normalement effectuées avant le déclenchement de la grève… »

L’ordonnance provisoire est donc très claire.

« Il s’agit d’une belle victoire pour nos syndiqué·es de Molson-Coors, se réjouit le président de la Section locale 1999, Michel Héroux. Mais il reste du travail à faire puisque les négociations se poursuivent entre les parties. »

Rappelons que les quelque 420 travailleurs et travailleuses de l’usine de brassage Molson-Coors de la Rive-Sud ont déclenché la grève le 25 mars dernier.

Cinq jours avant le débrayage, les travailleurs et travailleuses présents à une assemblée syndicale ont voté à 99 % contre les dernières offres patronales et à 99 % pour donner un mandat de grève à leur syndicat. Il s’agissait donc d’un signal très fort lancé aux dirigeants du brasseur.

Les points en litige entre les parties sont nombreux. L’employeur a notamment proposé des augmentations de salaire insuffisantes, sous l’inflation, et désirait implanter un système de mises à pied qui ne tient pas compte de l’ancienneté. Des enjeux en matière de santé et sécurité sont également au cœur de la dispute entre les parties.

Bien que les négociations ont repris devant un conciliateur, la grève se poursuit jusqu’à nouvel ordre.

Le syndicat des Teamsters représente les intéts de 125 000 membres au Canada. Ils et elles sont affiliés-ées à la Fraternité internationale des Teamsters, dont leffectif syndical est de 1,4 million de membres en Amérique du Nord.

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Stéphane Lacroix, directeur des Communications et des Affaires publiques

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